vendredi 27 février 2015

Une chanson (Heartbreak Hotel)


                 Depuis que ma chérie m'a quitté,
                 J'ai trouvé un nouvel endroit pour habiter.
                 C'est là- bas, au fond de la rue solitaire
                 À l'hôtel des cœurs brisés

                 [ Refrain ]

                 Tu me laisses si seul, chérie
                 Je me sens si seul
                 Je me sens si seul, je pourrais mourir

                 Et même si c'est toujours bondé
                 Tu peux toujours trouver un peu de place
                 Où les amoureux au cœur brisé
                 Peuvent se cacher pour pleurer

                 [ Refrain ]

                 Les larmes du bagagiste continuent de couler
                 Et le réceptionniste est habillé en noir.
                 Ils sont depuis si longtemps dans la rue solitaire
                 Qu'ils ne reviendront jamais en arrière.

                 [ Refrain ]

                 Maintenant, si ta chérie te quitte
                 Et que tu as envie de parler
                 Il suffit de venir au fond de la rue solitaire
                 À l'hôtel des cœurs brisés

La création des chansons doit souvent une bonne part au hasard.

En 1955, le chanteur-guitariste et compositeur Tommy Durden tombe sur un article du Miami Herald : un jeune  homme  s’est  suicidé, laissant  derrière  lui  une  note  disant « I walk a lonely street ». Il en parle à son amie, la productrice Mae Boren Axton : les deux partenaires écrivent "Heartbreak Hotel" en une heure. La première version est enregistrée par Durden lui-même sur le magnétophone d'Axton.

Ils proposent alors leur chanson à un duo très populaire de Country Music, The Wilburn Brothers. Doyle et Teddy Wilburn déclinent l'offre, soulignant le côté étrange et morbide du texte. Les auteurs se tournent alors vers le tout jeune Elvis Presley, lui offrant par la même une première place au Billboard et son premier disque d’or.

En 1974, Long Chris adapte la chanson en français pour Johnny Hallyday sous le titre "À l'hôtel des cœurs brisés". Dix ans plus tard, Johnny signera sa propre version intitulée "Je me sens si seul".

Comme quoi, une chanson ça tient à vraiment pas grand chose !!!

>>>>> THE BELL HOP'S TEARS

01 - Elvis Presley (1956)
   02 - Leslie West
      03 - Blues Magoos
         04 - Dax Riggs
            05 - Frijid Pink
               06 - Hanni el Khatib
                  07 - Tomoyasu Hotei
                     08 - Johnny Hallyday - Je me sens si seul (Zénith 1984)
                        09 - Guns N' Roses
                           10 - Scotty Moore
                              11 - Joe Tex
                                 12 - Joao Suplicy
                                    13 - Albert King
                                       14 - John Cale
                                          15 - The James Gang
                                             16 - The Orlons
                                                17 - The Soft Boys
                                                   18 - Lynyrd Skynyrd

mercredi 25 février 2015

This Is… The Angels (Angel City)


Comme tous les hard-rocœurs qui comptent déjà quelques heures de vol, je vénère les vieux coucous comme AC/DC, Motörhead, KISS, Accept, Rose Tattoo… Je les ai vu décoller, prendre de l'altitude, pour finalement éclabousser la planète de leur furie.

Parmi tous ceux-là, il y a un groupe pour qui j'ai une tendresse particulière, et qui n'a sans doute jamais été reconnu à sa juste valeur.

Angel City — ou plutôt The Angels — voit le jour en 1974 en Australie. Piloté par les frangins guitaristes Rick et John Brewster, et le chanteur déglingué Doc Neeson, le groupe connait un démarrage fulgurant dans son pays. Il chasse sur les mêmes terres qu'AC/DC. Mais, là où la bande à Angus déverse des flots de lave brûlante, les Anges proposent des mélodies plus élégantes et tout aussi efficaces. Là où AC/DC bastonne, The Angels caressent… pour un frisson identique.

L'état des lieux n'est quand même pas aussi catastrophique que je veux bien le dire : The Angels font une carrière longue et plus qu'honorable. Ils sortent des albums hautement recom- mandables, sillonnent la planète pour porter la bonne parole, sont suivis par des fans fidèles et exigeants. Cependant, ils n'ont jamais atteint la notoriété quasi divine de leurs compatriotes d'AC/DC, ni même d'un Iron Maiden ou d'un KISS. Cependant, je vous jure qu'ils la méritent leur place au firmament du Rock.

En 2011, après une longue période de sommeil, les frères Brewster, épaulés d'un nouveau chanteur, remettent le groupe à flot.

Le 4 juin 2014, Doc Neeson, le chanteur charismatique, s'éteint à l'âge de 67 ans. Il emporte avec lui un peu de la magie des Anges originels.

>>>>> IVORY STAIRS

01 - You Got Me Runnin' (1977 - The Angels)
02 - Be With You (1978 - Face to Face)
03 - Save Me (1979 - No Exit)
04 - I'm Scared (1980 - Darkroom)
05 - Nothin' to Win (1981 - Night Attack)
06 - No Sleep in Hell (1983 - Watch the Red)
07 - Babylon (1984 - Two Minute Warning)
08 - Hide Your Face (1986 - Howling)
09 - Marseilles (1987 - Live Line)
10 - Bitch (1989 - Beyond Salvation)
11 - Bedroom After Bedroom (1991 - Red Back Fever)
12 - Soul Surgeon (1998 - Skin & Bone)
13 - Blood on the Moon (2000 - Left Hand Drive)
14 - Some Kinda Hell in Here (2012 - Take It to the Streets)
15 - Book of Law (2014 - Talk the Talk)

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lundi 23 février 2015

King Cover #15


À l'heure de pondre une nouvelle chronique, quand je sèche devant ma feuille blanche, je plonge invariablement dans les eaux ténébreuses d'internet pour pêcher quelques éléments propres à illuminer mon cerveau embrumé.

J'ai eu beau fouiller, farfouiller, trifouiller, plonger mon groin dans la fange infinie de la toile, solliciter mes amis Google et Wikipédia, la seule information intéressante qui en est ressortie est la suivante : 15 = 1 + 2 + 3 + 4 + 5 !

Je sais : pas de quoi sauter au plafond ! Même pas de quoi justifier le salaire indécent qui m'est versé chaque mois pour maintenir à flot ce misérable petit blog. Je n'ose même pas vous dire le chiffre. Disons qu'il se situe entre un mois de salaire de Zlatan Ibrahimović et le coût d'une conférence de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi !

Et tout ça pourquoi ? Tout ça pour vous présenter le quinzième épisode de la saga King Cover.
Mouaih ! C'était pas la peine d'en faire des caisses, il suffisait de le dire dès le début !!!

>>>>> QUINZIÈMEMENT

01 - Dolapdere Big Gang - Losing my Religion (R.E.M.)
02 - Don Ho - Shock the Monkey (Peter Gabriel)
03 - Dweezil Zappa - Stayin' Alive (Bee Gees)
04 - Eldissa - Ring my Bell (Anita Ward)
05 - Emeline Michel - Many Rivers to Cross (Jimmy Cliff)
06 - Franck Goldwasser - Be Bop A Lula (
Gene Vincent)
07 - Herbie Mann - In the Summertime (Mungo Jerry)
08 - Hitboutique - Voyage, voyage (Desireless)
09 - Nouvelle Vague (ft. Olivia Ruiz) - Mala Vida (Mano Negra)
10 - Luis Oliart - With or Without You (U2)
11 - Manhattan Transfer - Unchained Melody (The Righteous Brothers)
12 - Shaggy - Piece of my Heart (Janis Joplin)
13 - The Bronx Casket Co. - Free Bird (Lynyrd Skynyrd)
14 - The Fixx - These Boots Are Made for Walkin' (Nancy Sinatra)
15 - The Power Station - Get It On (Bang A Gong) (T. Rex)
16 - The Traceelords - Born to Be Alive (Patrick Hernandez)
17 - Tori Amos - Smells Like Teen Spirit (Nirvana)
18 - Urban Love - No Woman, No Cry (Bob Marley)

mercredi 11 février 2015

La Caverne de Vévèche (New Wave)


Alphaville   —  Buggles  —  Cocteau Twins  —  Depeche Mode  —  Edith Nylon  —  Front 242  —  Gary Numan — Hazel O'Connor — Indochine —  Joy Division — Klaus Nomi — Lene Lovich — Men Without Hats — Nacht und Nebel — Orchestral Manoeuvres In The Dark  —  Partenaire Particulier  —  Romantics (The)  —  Simple Minds   —   Taxi Girl   —  Ultravox   —   Visage   —   Wang Chung   —   XTC   —   Yazoo

Voilà  un chouette abécédaire élaboré avec le nom de groupes qui firent les beaux jours de nos transistors et de nos magnétophones à cassettes.

Entre la fin des années 70 et le milieu des années 80, ce sont des milliers de groupes étiquetés "New Wave" qui virent le jour, partout dans le monde. Pas un centimètre carré du globe ne fut épargné par cette "vague nouvelle" qui déferla sur les ondes des radios qui goûtaient une liberté toute neuve. Plus qu'un simple phénomène de mode ce courant musical donna un véritable coup de fouet à toute la sphère pop et rock, dépoussiérant les sonorités originelles et préparant un avenir à une génération d'artistes prépubères.

Encore une fois, c'est chez Vévèche le Grand que je suis parti faire mon marché et je peux vous garantir qu'il a du stock en magasin. Finalement le plus dur, c'est de faire un tri sévère pour ne pas dépasser la dose prescrite.

>>>>> ENOLA GAY

01 - Blondie - Picture This
02 - U2 - An Cat Dubh
03 - Suicide - Diamonds, Fur Coat, Champagne
04 - The Cure - Grinding Halt
05 - The Specials - Do the Dog
06 - Lene Lovich - Angels
07 - X-Ray Spex - Genetic Engineering
08 - Devo - Jocko Homo
09 - Magazine - My Tulpa
10 - Siouxsie and the Banshees - Nicotine Stain
11 - Bruce Woolley and The Camera Club - Johnny
12 - XTC - Making Plans for Nigel
13 - Nina Hagen Band - Auf'm Bahnhof Zoo
14 - The Cars - My Best Friend's Girl
15 - COS - 3 femmes dans ma tête
16 - The Motels - Kix
17 - The Tubes - Prime Time
18 - The B-52's - Lava

lundi 9 février 2015

Monsieur Serge et les dames


                                    Monsieur Serge est un dégueu… lasse
                                    Aux nuits des femmes, il se pré… lasse
                                    Toujours prêt pour un fesse-à… face
                                    Il en a fait tanguer des blon… dasses
                                    Démonter, remonter des cu… lasses
                                    Dans le cockpit de son bi… place
                                    Au réveil, pas besoin de lave… glace
                                    Dans son J 'n' B, juste un peu de… glace
                                    Rousses et brunes et blondes, hé… las
                                    Les a quittées un mois de… mars
                                   
                                    Pour s'envoyer au septième ciel avec une gi… tane

>>>>> DAMES DE CŒUR
 
01 - Joanna
02 - Ballade de Melody Nelson
03 - Baille baille Samantha
04 - Eva
05 - Pauvre Lola
06 - Chanson de Maglia (Texte de Victor Hugo)
07 - Élisa
08 - Marilu
09 - Shush Shush Charlotte
10 - Pamela Popo
11 - Elaeudanla Téïtéïa
12 - Manon
13 - Daisy Temple
14 - Lola Rastaquouère
15 - Judith
16 - Marilou sous la neige
17 - Goodbye Emmanuelle
18 - Je vous salue Marie

dimanche 8 février 2015

Heavy Metal Sunday Selection #10


Pour clore en beauté cette magnifique série métallique dominicale, je vous en ai collé une petite louche en plus. 18 titres parus en 2014… c'est mieux qu'un cadeau Bonux, non ???

Je vous laisse maintenant juger de la qualité de ce millésime qui aura vu quelques poids-lourds revenir sur le devant de la scène. Je pense notamment à AC/DC, à Judas Priest, à Uriah Heep, à Nazareth, sans oublier The Angels. Je pense aussi à ceux qui confirment tout le bien qu'on pensait d'eux : Mastodon, Wolfmother, Rival Sons, Avatar, Zodiac. Coup de chapeau à ceux qui ont donné leurs premiers coups de griffe : Blues Pills, Purple Nail, The Osiris Club, Virgil & The Accelerators, Rise of the Northstar… longue vie à vous tous !

Rassure-toi, ami métalleux du dimanche matin, si cette série s'arrête aujourd'hui, ça ne veut pas dire que tu seras privé de ta dose de décibels hebdomadaire. Je travaille actuellement sur une nouvelle collection. Pas tout à fait pareille, pas vraiment différente !… Une nouvelle collection, quoi !!!

Rendez-vous la semaine prochaine… même jour, même heure, même pomme !

>>>>> THE NUMBER OF THE BEAST

01 - Alestorm - Walk the Plank
02 - Outlook Grim - Labyrinth
03 - Foo Fighters - The Feast and the Famine
04 - The German Panzer - Hail and Kill
05 - In This Moment - Big Bad Wolf
06 - Gamma Ray - Pale Rider
07 - Aria - Angely Neba
08 - Gunpowder Gray - Outta Sight
09 - Kreyskull - Tower Witch
10 - Heavy Duty - Complete
11 - Purple Nail - Bound Together
12 - Mors Principium Est - Monster in Me
13 - Hanzel und Gretyl - Mavro Metalliko
14 - October 31 - Voodoo Island
15 - Akentra - Demolition Man
16 - Soundchaser - Puppet of a Thousand Hands
17 - Soilwork - These Absent Eyes
18 - G Lethal 9 - Cheers

vendredi 6 février 2015

Cette année-là… 1983


Cette année-là, ça bastonne sévère en Californie. Slayer et Metallica inventent une nouvelle forme de Metal. Plus rapide, plus technique, plus violent, il s'appellera le Thrash et fera des adeptes dans le monde entier.

"Fast" Eddie Clarke a déserté Motörhead. Lita Ford n'est plus une fugitive. Ronnie James Dio a lâché Rainbow et Black Sabbath. Tous trois entament une carrière en solitaire.

La France est à la fête. Emmenés par un Trust impérial, des dizaines de groupes voient le jour. Sortilège, Warning, Karoline, Blasphème, Strattson, Stocks, Satan Jokers et bien d'autres font les beaux jours d'un hexagone repeint en rose.

Si ça c'est pas une foutue bonne année pour le Heavy Metal, je veux bien faire vœu de chasteté jusqu'à la fin du mois… enfin, jusqu'à la fin de la semaine… plutôt, jusqu'à demain… disons jusqu'à ce soir  !!!!!

>>>>> CLIFF BURTON

01 - Fastway - Easy Livin'
02 - Savatage - Holocaust
03 - Slayer - Black Magic
04 - Demon - Nowhere to Run
05 - Sortilège - Gladiateur
06 - Dio - Holy Diver
07 - Mercyful Fate - Curse of the Pharaohs
08 - Satan - Broken Treaties
09 - Metallica - No Remorse
10 - Lita Ford - I Can't Stand It
11 - Mötley Crüe - Knock 'Em Dead, Kid
12 - Satan Jokers - Tokyo Geisha
13 - Gary Moore - Teenage Idol
14 - Def Leppard - Billy's Got a Gun

mercredi 4 février 2015

Une chanson (Jumpin' Jack Flash)


Je suis né dans la fureur d'un ouragan
Et j'ai hurlé sur ma mère, sous la pluie battante
Mais tout va bien maintenant, en fait, c'est super
Mais tout va bien maintenant
Je suis Jack, vif comme l'éclair, c'est super, super, super

J'ai été élevé par une mégère barbue et édentée
J'ai été éduqué à coups de fouets dans le dos
Mais tout va bien maintenant, en fait, c'est super
Mais tout va bien maintenant
Je suis Jack, vif comme l'éclair, c'est super, super, super

J'ai été noyé, mon corps a dérivé et on m'a laissé pour mort
Je suis tombé par terre et j'ai vu mes pieds en sang
J'ai froncé les sourcils devant les miettes d'un crouton de pain
On m'a mis une couronne d'épines sur la tête
Mais tout va bien maintenant, en fait, c'est super
Mais tout va bien maintenant
Je suis Jack, vif comme l'éclair, c'est super, super, super


Las des expérimentations musicales imposées par Brian Jones, le couple Jagger-Richards décide de reprendre en main la maison Stones afin qu'elle retrouve ses racines rock et blues.

Le 24 mai 1968, Jumpin' Jack Flash sort en single, flanqué d'une pochette satanico-humoristique (Child of the Moon, en face B). Pour l'occasion le groupe retrouve le son brut de ses débuts. C'est aussi à partir de cette époque que Keith Richards adopte l'open tuning (accord ouvert), jouant sur cinq cordes, reprenant ainsi la technique des vieux bluesmen américains. Bien que le riff initial de la chanson ait été imaginé par Bill Wyman, son nom ne sera jamais cité dans les crédits.

Chanson emblématique des Rolling Stones, elle a fait partie de la tracklist de toutes leurs tournées. Dès sa sortie, elle culmine dans les charts du monde entier. Par étonnant qu'autant de grands noms se la soient appropriées.

>>>>> IT'A GAS GAS GAS

01 - The Rolling Stones
   02 - Alex Chilton
      03 - Hank Davison Band
         04 - Aretha Franklin
            05 - Alex Harvey
               06 - Johnny & Edgar Winter
                  07 - Amazonics
                     08 - Giant Sand
                        09 - Peter Frampton
                           10 - Marcia Shines
                              11 - Ananda Shankar
                                 12 - Inga Rumpf
                                    13 - Jamul
                                       14 - Kyler Schogen
                                          15 - Thelma Houston
                                             16 - Leigh Stepens
                                                17 - Nikolai Gusev
                                                   18 - Crossroadz

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lundi 2 février 2015

Voici… Jean-Louis Murat


« Il fallait une plume suffisamment leste pour parler d'un artiste paysan magnifique.
   Quand Thibault rencontre Murat, quand Jean-Louis croise Marconnet… c'est un peu comme

   une brise qui caresse la lande ou comme un feu qui embrasse le fer. »

Suite à l’invitation de l’ami Keith, je viens d’écrire un petit texte sur le troubadour arverne pour accompagner sa “jolie compile” ; et non pas pour “raccompagner sa jolie copine”, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! C’est un grand plaisir pour moi que de partager ma passion pour le fils des puys et je vais essayer de faire court, ce qui ne sera pas une mince affaire au vu de l’inconditionnel amour (“aveugle” peut-être, mais pas “sourd”), que je porte à l’œuvre de Jean-Louis Murat.

Tout d’abord, Murat c’est un nom de lieu : Murat-le-Quaire. L’Auvergne et l’Égypte ne font qu’une seule et même terre, que cela soit dit une bonne fois pour toutes. D’ailleurs Moïse n’a pas remonté le Nil dans son berceau d’osier comme nous le dit la “légende dorée”, mais la Dordogne. Oui, ma bonne dame, c’est comme j’vous le dis !

Et la manne tombée du ciel n’est pas du pain azyme, loin s’en faut ! c’est du bon Saint-Nectaire : avis aux amateurs. Foin des ragots et des vieilles lunes, c’est en tout cas là que naquit le petit Jean-Louis. L’almanach ne nous dit pas s’il fut entouré d’un bœuf et d’un âne lorsqu’il poussa son premier cri, mais je ne doute pas que quelques meuglements de vaches chantèrent sa venue au monde, accompagnés de chaudes et odorantes bouses. Pour revenir un temps à l’Égypte, les puys auvergnats sont de très anciennes pyramides naturelles, n’importe quel écolier du coin vous le dira. La très belle chanson “Alexandrie” (que vous ne trouverez pas ici : c’est une compile pas une intégrale) fait d’ailleurs force de loi en la matière. Et Dieu sait combien Jean-Louis – Bergheaud de son véritable patronyme –, chérit la toponymie comme pas un. Tout en sibyllines évocations, ses chansons exhaussent les lieux-dits à de véritables sommets poétiques et mystérieux. Quand j’écoute Murat, j’ai des mots inconnus pleins la bouche comme autant de runes d’un autre âge.

Murat n’est pas un doux agneau, même s’il en a tout l’air ici. C’est que, dès l’origine il y a un pépin avec le barde auvergnat : ce cher irrévérencieux a croqué la pomme avec Lilith et, question poésie il est certain que pour lui le “vers” est déjà depuis fort longtemps dans le fruit. Avec cette jolie compile, comme JLM le chante dans “16h00 qu’est-ce que tu fais”, je dois bien l’avouer, « je redeviens puceau » car il y a au moins trois ou quatre chansons qui m’étaient inconnues. Retrouver un peu de virginité auditive ne fait jamais de mal, c’est une façon de rester toujours à l’écoute du volcan qui sommeille en nous ; et, tout autant que de “l’eau”, méfiez vous du volcan qui dort !

Chez Murat, il ne faut pas confondre “retour à la terre” et “amour de la chatte”. C’est dit crûment mais autant appeler une mésange par son nom. D’ailleurs, un Jean-Louis Murat qui sort de l’eau, comme la judicieuse couverture nous l’indique, ça n’est pas anodin. C’est bien connu, le Jean-Louis tète la cyprine comme d’autres se biberonnent au pastis. La métaphore extra-utérine, suggérée par cette photographie pour le moins érotique, n’aura sans doute échappé à personne.

Avec ce “Voici” (pas “Gala” pour deux sous !), nous sommes dans de beaux draps : l’ami Keith est allé au plus près de l’âme féminine de Murat… pour notre plus grand délice. Quoi qu’il en soit, le Murat “encoléré” n’est jamais bien loin. Jetez donc un coup d’œil vers le Sancy quand la lune est rousse : il se pourrait bien que vous aperceviez, parmi le vert sombre des sapins et la lumière bleue de la nuit, un lycanthrope hurlant des chants d’amour à Séléné tout en jetant des éclats de foudre depuis le manche de sa guitare électrique. Beau chant ne saurait mentir.


>>>>> LE BOUCLIER ARVERNE

01 - Murat (1982 - Murat)
02 - Uschi (où es-tu passée ?) (1984 - Passions privées)
03 - Pars (1989 - Cheyenne Autumn)
04 - Le mendiant à Rio (1991 - Le Manteau de pluie)
05 - Le matelot (1993 - Vénus)
06 - Saint-Amant (1996 - Dolorès)
07 - Mustang (1999 - Mustango)
08 - Entre deux draps (2001 - Madame Deshoulières)
09 - L'au-delà (2002 - Le moujik et sa femme)
10 - À la morte fontaine (2003 - Lilith)
11 - French Kissing (ft. Jennifer Charles) (2004 - A bird on a Poire)
12 - La chatte (2005 - 1829)
13 - Ce que tu désires (ft. Carla Bruni) (2005 - Mockba)
14 - Est-ce bien l'amour ? (2006 - Taormina)
15 - Sépulture (2007 - Charles et Léo)
16 - Tel est pris (2008 - Tristan)
17 - 16h00, qu'est-ce que tu fais ? (2009 - Le cours ordinaire des choses)
18 - Sans pitié pour le cheval (2011 - Grand lièvre)
19 - Le chat noir (2013 - Toboggan)
20 - Frelons d'Asie (ft. The Delano Orchestra) (2014 - Babel)

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dimanche 1 février 2015

Heavy Metal Sunday Selection (Spécial Stoner #3)


La gourmandise est un vilain défaut !

M'en fous, j'ai tellement pêché durant toute ma vie qu'une villa avec vue sur l'Achéron m'est déjà réservée en enfer. Alors, si je me gave avec une autre compile dédiée au stoner rock, c'est pas ça qui va changer mon destin post mortem. Du coup, j'ai raclé mes fonds de tiroir pour dégoter un nouvel assortiment de galettes bien lourdingues parues tout du long de l'année 2014.

Si toi aussi tu as des doutes quant à ton admission au royaume des cieux, charge cette jolie compile. Elle te mettra du baume au cœur et t'aidera à envisager plus sereinement l'éternité entourée de drogués, de poivrots, de filles faciles, de métalleux… et sans doute d'une flopée d'hommes politiques !

>>>>> AND THE CIRCUS LEAVES TOWN

01 - Matra - Black Mantis
02 - Forced Rejection - The Storm
03 - Black Elephant - Cowboys
04 - Birnam Wood - Queen of Barley
05 - Vøid - Unbowed
06 - Mamont - No Pills, no Power
07 - Los Buscadores del Movimiento Perpetuo - El Reino Eléctrico
08 - Crowned By Fire - Space Music for Cave People
09 - Without God - Fear
10 - The Grape And The Grain - Ghost
11 - Leeds Point - Wench
12 - Six Is The God's Number - Mammoth
13 - Early Man - Creature From the Black Lagoon
14 - Gran Torino Rock - What's the Matter